UNE « NOUVELLE FORCE POLITIQUE » A GAUCHE.
Note d'information par Nicolas MARCHAND.
"Les débats actuels au sein du PCF montrent que, pour la grande majorité des communistes, l'issue à la crise actuelle à gauche, l'issue à la crise du PCF n'est pas à rechercher dans la voie de son auto-dissolution, mais dans celle d'un renouveau, d'une renaissance, d'une transformation novatrice du PCF, marquant le contenu de la refondation à gauche. Il ne s'agit pas d'une réponse toute-faite et achevée, mais d'un chantier d'action et de débat qu'il est proposé d'ouvrir; qui pourrait être au coeur du mandat défini lors de l'assemblée extraordinaire de décembre prochain. C'est la seule alternative aux propositions allant vers une auto-dissolution du PCF, ou sa dilution dans un nouvel ensemble. C'est une affaire sérieuse. Il ne s'agit ni d'une invention ni d'un procès d'intention: la création d'une « nouvelle force politique » à gauche, fusionnant ou fédérant, ou confédérant notamment des communistes et des socialistes, ainsi que d'autres composantes de gauche et d'extrême-gauche, fait l'objet depuis l'élection présidentielle, de prises de positions et d'initiatives de dirigeants; bien qu'une notion d'autonomie soit parfois affirmée, un tel processus implique à court ou moyen terme la disparition du PCF comme parti politique autonome. Il est utile, sans amalgamer des points de vue qui ont certaines différences et points de débat, en notant aussi parfois des évolutions dans l'expression, d'avoir une vue d'ensemble. Il est utile et démocratique que tous les communistes disposent de toutes les informations. Y contribuer est la raison d'être de cette note. NM
I] Au sein de la direction du PCF Patrice Cohen Seat:(dans son livre « Communisme, l'avenir d'une espérance » -septembre 2007) « L'exigence qui est devant nous est de jeter les bases à gauche d'une force politique, dont la forme sera à définir, capable de créer une dynamique majoritaire » PCS énonce trois hypothèses pour « la création d'une force politique capable ...de donner un nouvel avenir à l'espérance d'émancipation humaine [PCS suggère cette expression comme substitut au mot « communisme »]... »: « les partisans de l'émancipation humaine constituent un parti distinct » [qui n'est plus le PCF et ne s'appellerait plus « communiste »] « qui se rassemble avec d'autres dans un « front »? « une fédération ou une confédération? » [Type FGDS?] « Créer un parti au sein duquel chaque composante trouve sa place spécifique dans un ensemble fondé sur le projet commun? » [Parti de gauche, avec des tendances organisées, modèle Links-Parteï?] (p.216-217) Puis il précise un processus: « faire avec d'autres ne peut résulter...de décisions unilatérales...rien ne se fera sans un dialogue avec toutes les forces disponibles, dégageant finalement les choix permettant le rassemblement....Pourquoi le congrès extraordinaire du Parti communiste ne déciderait-il pas d'engager...un processus fondateur? Ne pourrait-il pas, sur une base très ouverte, proposer les contacts, les discussions, les objectifs et le formes de travail qui permettraient quelques mois plus tard ... d'apporter les réponses aux questions vitales qui nous sont posées: projet, rassemblement, organisation, stratégie? ...un débat où se forgeraient ...les réponses ...et les liens ...à partir desquels se créerait la force politique nouvelle dont nous avons besoin. » (p.217-218) « Avec qui?...Les voix commencent à être nombreuses au sein du PS... ». Il s'agit donc de « créer une force ...ayant vocation à devenir majoritaire à gauche. Une force qui se donnera les moyens, donc les règles communes, permettant de décider ensemble du projet...de son action et de ses candidatures à toutes les élections. » (p.219-220)
L'Humanité du 29 octobre 2007 rend compte d'un débat à Tarbes; à Jean-Claude Gayssot proposant de constituer sans attendre une force politique nouvelle à gauche du PS, Patrice Cohen Seat répond: « Je ne pense pas que l'on puisse dire: créons une nouvelle force et le problème est réglé » et propose: « Ouvrons un espace politique à gauche pour y lancer tous les dialogues toutes les passerelles, pour créer un acteur politique nouveau et travailler sur un projet... » Problème de fond ou problème de rythme et de méthode?
Olivier Dartigolles: Interview vidéo à la Fête de l'Huma – (site PRS: http://www.pourlarepubliquesociale.org/article/archive/158/) Question: est-ce qu'il faut une nouvelle force politique à gauche? O.Dartigolles: « ...c'est un des thèmes forts de la Fête de l'Huma...il faut un nouvel acteur politique, la forme on ne peut pas la décréter aujourd'hui, ce serait un atterrissage un peu sec; certains veulent un front, des fronts, nouveau parti, nouvelle organisation, que sais-je...Je crois qu'il faut porter un projet qui puisse s'asseoir sur l'idée de la transformation sociale...La gauche doit se doter d'espaces pour enclencher ce processus fondateur qui va demander du courage et des ruptures culturelles...Il faudra de fait très certainement un nouvel acteur politique », après quoi il précise qu'il faudra « respecter les identités; ce travail ne peut se faire sur la dissolution »... Toujours sur le site de PRS, ce résumé des propos d'O. Dartigolles, au débat du stand des BdR, avec JL Mélenchon et un dirigeant du Links parteï. « Olivier Dartigolles revient sur le résultat de l’élection présidentielle. Il refuse d’éluder le très mauvais score obtenu par la candidate de son parti. Pour lui, un cycle politique se referme. Il n’est pas possible de continuer comme avant. Ce qui veut dire que toutes les questions doivent être débattues par les communistes, y compris celle de l'organisation communiste. Olivier prend soin d'indiquer qu'il s'exprime à titre personnel et se déclare prêt à une nouvelle organisation plus large dans laquelle devra exister une sensibilité communiste à l'identité reconnue et respectée. » Selon « Le Monde » du 14/9/07, qui le cite, il est persuadé qu'il faut « une nouvelle organisation politique » dans laquelle existerait « une sensibilité communiste organisée ». (questionné sur cet article dans une interview à l'Humanité, Olivier n'a contesté l'article du Monde que sur un point: sa mise en opposition à Marie-George Buffet) Michel Duffour (contribution sur le site du PCF- 17/9/07) « nous devons explorer la possibilité pour la poursuite de notre combat de bâtir de nouvelles frontières...Nous avons besoin de nous retrouver, autour d’un projet commun, et pas simplement de manière occasionnelle, avec d’autres courants, avec des personnalités ayant eu une autre histoire, avec des jeunes dégagés de relations mouvementées et affectives avec les tragédies du communisme du siècle dernier. Pour faciliter notre débat, voici mon opinion sur le congrès. Il devrait afficher notre disponibilité à dépasser le Parti communiste, donc notre organisation actuelle, pour donner toutes ses chances à un combat cherchant une alternative à la domination du capitalisme financier. Il s’agirait bien d’un acte politique marquant un espoir, mais un acte réversible s’il s’avérait que le processus soit par trop incertain. Cette invitation s’adresserait à l’ensemble des progressistes, socialistes ayant partagé nos combats récents, altermondialistes, militants du mouvement social. Elle marquerait l’ouverture avec ceux qui s’estiment disponibles pour partager une telle perspective d’un processus permettant un travail de clarification, un travail exigeant efforts et rigueur pour tous les partenaires éventuels, et une association d’engagements laissant son autonomie à chaque contractant et débouchant dans un délai de quelques années, en cas d’expérience concluante, sur un regroupement ou un nouveau parti dont l’intitulé, la forme et les statuts seraient définis par les participants. »
Jean-Claude Gayssot (interview dans l'Humanité – 7/9/07) « ...je propose la création de cette force nouvelle dans laquelle les communistes, mais pas seuls, joueraient pleinement leur rôle en phase avec la société actuelle...nous devrions, dès la préparation du congrès extraordinaire, annoncer notre volonté de créer avec d’autres cette force politique nouvelle. Ainsi sera engagé le processus - qui sera long car il n’y a pas de schéma tout ficelé - et cela créera tout de suite le choc nécessaire pour mobiliser l’intérêt des gens et des militants. A la question « D’autres, c’est qui ? Des citoyens intéressés ? D’anciens communistes ? Il y a aussi des forces politiques… », Jean-Claude Gayssot répond: « Au sein du PS, des gens se refusent à la social-libéralisation. Il faut parler et travailler avec eux. Je pense aussi aux altermondialistes, aux écologistes, aux humanistes… Il faut construire une formation où se retrouveront toutes celles et tous ceux qui refusent que le monde soit une simple marchandise. »
Dominique Grador (intervention au CN des 6&7/10/07) « je suis convaincue qu’il faut, à la gauche du Parti socialiste, construire une formation nouvelle, dans la transparence, dans un partenariat sincère et loyal, avec d’autres issus d’autres sensibilités, pour des objectifs communs. D’autres, citoyennes, citoyens, militants, intellectuels, chercheurs, tout ou partie de forces de gauche, écologistes, alter mondialistes...qui, sans partager notre culture et nos fondamentaux, ont en commun avec nous une ambition d’émancipation humaine. »
Alain Hayot (l'Humanité du 21/6/2007): propose de lancer « ...deux processus qui doivent se nourrir l’un l’autre. Le premier concerne l’espace de la gauche, le second l’espace communiste. Concernant la gauche,il est urgent de construire ... une gauche de transformation sociale. Il faut trouver les moyens de s’adresser à toutes les sensibilités et les forces de gauche, en respectant leur originalité, leur autonomie et leur culture politique en leur proposant de s’investir dans un espace politique commun, qui peut prendre des formes diverses, fédérale, voire confédérale, mais que nous devons construire d’abord en termes de projet politique transformateur, porteurs d’une visée, de valeurs, de cultures, qui réinventent aujourd’hui les contenus mobilisateurs d’une civilisation plaçant au centre l’être humain et son environnement. Cette force politique nouvelle aurait pour vocation de rassembler sans les dissoudre les partis, les courants politiques et citoyens de toute nature, les militants qui agissent au quotidien pour faire vivre les valeurs progressistes de la gauche : socialistes, communistes, écologistes, altermondialistes, antilibéraux, militants associatifs et syndicaux, citoyens actifs en faveur de l’école, du sport, de la culture, de l’environnement, des luttes antiracistes et féministes...» Concernant « l'espace communiste », « nous devons nous atteler avec d’autres à un travail théorique et politique sur cette histoire [du communisme] et sur la nôtre afin de nourrir une vision neuve de la transformation révolutionnaire, une autre vision du communisme. C’est au prix de ce profond renouvellement de l’utopie, du projet et de l’organisation, au risque de l’ouverture et de l’invention citoyenne que nous pourrons envisager raisonnablement une remontée, sur la durée, de l’influence d’un communisme d’aujourd'hui dans l’espace politique des transformations sociales de demain. »
Michel Laurent (compte-rendu d'un débat avec JL Mélenchon, diffusé au CN des 22&23 juin 2007) «...Quant à la question de la création d'une nouvelle force politique, elle n'est pas taboue. Le PCF doit discuter à l'occasion de la préparation de son congrès extraordinaire... Les communistes donnent des signes d'être prêts à construire du neuf si quelque chose de mieux qu'un PCF amélioré se présente comme possibilité réelle. Différentes étapes sont envisagées, avec les congrès en 2007 et 2008 dont la première pourrait déboucher sur « un programme de travail commun » à engager avec d'autres, sans raccourci, pour élaborer un projet qui permette de gouverner pour changer, pour réfléchir à l'outil, le parti, qui peut porter de tels objectifs, et pour voir avec qui il serait possible de la construire. »
Roger Martelli (Refondations-pour une force nouvelle à gauche – septembre 2007) « Il serait impensable que la virtualité d’une force nouvelle ne devienne pas réalité. Pour l’instant, on se trouve dans cette situation où beaucoup murmurent « Marchons ! » et où personne ne bouge, parce tout le monde attend tout le monde. Le temps est venu de passer à l’acte. Les socialistes qui ne sauraient envisager l’insertion dans un socialisme « blairisé » peuvent confirmer qu’ils sont disponibles pour s’engager dans une construction nouvelle, en larguant les amarres qui les rattachent encore à la « vieille maison ». Les Verts qui n’acceptent pas d’être « groupuscularisés » et/ou satellisés par le PS peuvent faire le choix de raccorder franchement l’exigence écologiste à la perspective d’une société transformée de la cave au grenier. Les communistes peuvent surmonter leur cruelle déconvenue de 2007 et se débarrasser de l’idée qu’ils ont en eux-mêmes les ressources pour relancer la machine et retrouver l’élan expansif du passé. ...Quant à l’ensemble des militants antilibéraux, déçus de la séquence présidentielle, mais convaincus qu’il faut combiner la radicalité de la critique sociale et l’esprit de conquête majoritaire, ils peuvent surmonter leurs rancoeurs à l’égard des partis institués, et s’engager pleinement dans la construction, non plus d’un cartel, mais d’une force politique nouvelle. »
Marie-Pierre Vieu (tribune du 14 mai 2007) « Je me pose une question et je n’y ai pas pour l’heure apporté de réponse : le parti que nous allons construire dès demain sera-t-il encore un parti communiste ou bien un parti de l’alternative à gauche ? Cette réflexion me paraît d’autant moins incongrue qu’elle croise celle de nos voisins européens. L’expérience allemande du Links Partei qui arrive à faire converger dans ses rangs, des anciens communistes de RFA et RDA ainsi que des socialistes tel Oscar Lafontaine est bien sûr à mes yeux celle qui revêt le plus d’intérêt car tentant de trouver une voie socialiste d’aujourd’hui. » Depuis dans une tribune de l'Huma (1/9/07) elle a réitéré son intérêt pour la voie allemande: « il nous faut être lucides sur le fait qu'il va nous falloir évoluer, que le PCF pour une large partie de l'opinion est lié à un modèle vécu aujourd'hui négativement...restons attentifs et ouverts aux réflexions et expériences en cours de refondation de la gauche; j'ai en tête plus particulièrement l'Allemagne et l'Italie... » II]
Du côté du Parti Socialiste Henri Emmanuelli (informations de presse sur la réunion du NPS du 13/10/07): Libération du 15/10/07: Faudra-t-il une «formation unique ou une fédération», demande Henri Emmanuelli, pour parvenir à ce «rassemblement des progressistes» tel qu'une banderole au-dessus de la tribune le proclamait ? Le leader du NPS penche pour la première solution. En tout cas, dit-il, «c'est à cela que l'on commence de réfléchir». Pas le moins du monde en retrait, Olivier Dartigolles s'est déclaré «enthousiaste à l'idée de dépasser le cadre» actuel des partis. Il s'est au moins félicité de l'existence d'«espaces de dialogue et de travail» L'Huma du 15/10/07: « Epinay, c'est fini, il faut un Epinay II », a résumé le député des Landes, en appelant à la « fondation d'une maison commune, construite à la proportionnelle des sensibilités qui font la gauche » sous la forme d'une formation unique plutôt que d'une fédération... » « Pas de processus pour un grand parti de gauche sans débat de fond » répond en substance Olivier Dartigolles... Jean-Luc Mélenchon - PRS (l'Humanité -14/6/07): « Pour ma part, je crois que la formule et la méthode de construction de ce nouveau parti (le Links Parteï) peuvent nous donner une indication sur ce que nous avons nous-mêmes à faire. J'y vois une des issues possibles de la crise de la gauche en France. C'est celle que je privilégie à cette heure. J'observe de la part des communistes français une volonté de dépassement des formes politiques anciennes, tout en ayant le souci de protéger leur identité...La question du divorce commence à être posée. Elle n'est toutefois pas tranchée. D'ailleurs à l'heure actuelle il n'existe pas d'alternative. Les communistes n'ont pas encore fait ouvertement le choix de la construction d'une force nouvelle. Leur choix sera tout à fait décisif. Un projet alternatif doit avoir trois caractéristiques : être républicain, de gauche et gouvernemental. » extrait de « La gauche d'après » « D’ores et déjà, Marie‐George Buffet a mis plusieurs hypothèses sur la table. Parmi celles‐ci figure la constitution d’un « Die Linke à la française ».
De leur côté, plusieurs sensibilités de l’autre gauche impliquées dans la démarche des collectifs unitaires antilibéraux se posent aussi la question d’une nouvelle construction politique. Des débats ont également lieu au sein de la LCR. Partout le besoin d’une force nouvelle à gauche fait son chemin dans les têtes. LA GAUCHE A BESOIN D’UNE FORCE NOUVELLE ...La réinvention de la gauche commence avec la constitution d’une force politique nouvelle se donnant comme objectif la résolution de la crise de nos sociétés provoquée par la mondialisation libérale à travers la conquête démocratique du pouvoir grâce à la conviction du plus grand nombre. ...La rénovation de la gauche aujourd'hui revendiquée par tous ne peut se mener dans le huis‐clos des organisations existantes. Elle appelle le dépassement des partis qui constituent aujourd’hui la gauche et des frontières qui la divisent depuis près d’un siècle... A la tribune du Congrès constitutif de Die Linke à Berlin, Gregor Gysi, l’un des principaux fondateurs de ce parti et co‐président avec Oskar Lafontaine de son groupe parlementaire, s’est interrogé ainsi : « Qui sommes‐nous ? ». Puis il répondit, se tournant vers le slogan de son nouveau parti « Die Linke. », « nous sommes la gauche, point. »... Dès le premier jour d’existence du nouveau parti, celui‐ci fonctionnait déjà comme un lieu de synthèse, de fabrication d’une culture commune...Si la volonté de travailler au dépassement des frontières qui divisent la gauche depuis près d’un siècle doit conduire à rechercher prioritairement la synthèse entre les traditions communiste, socialiste et trotskyste, celle‐ci doit se donner comme objectif d’entraîner la gauche toute entière... ...Concernant les caractéristiques politiques de la « force nouvelle », JL Mélenchon définit « quatre impératif: Premièrement elle devra être une force de gauche... Deuxièmement, la force nouvelle devra se donner comme objectif la reconquête d’une hégémonie culturelle face à l’idéologie dominante du capitalisme de notre époque en menant le combat des idées autour d’un projet politique républicain. Troisièmement, la force nouvelle devra avoir une vocation majoritaire et gouvernementale. Quatrièmement, la force nouvelle sera unitaire. Elle sera par elle‐même un facteur de regroupement de la gauche des ruptures aujourd’hui dispersée. Mais elle contribuera aussi à l’union des gauches, toutes les gauches, rien que les gauches. »
Paul Quilès – Marie-Noëlle Lienemann (« Le Monde » 26/9/07): « L'unité doit permettre de faire la synthèse ... de la culture réformiste et de la culture contestatrice...nous plaidons pour le dépassement des partis existants et la création d'une nouvelle organisation fédérant tous ces courants de la gauche, à partir d'un congrès de l'unité de la gauche. » [Quilès et Lienemann sont les fondateurs de « Gauche-avenir », association à laquelle participent aussi un certain nombre de personnalités du PCF] III] Du côté de l'extrême-gauche et des « antilibéraux »
Christian Picquet (courant « Unir » de la LCR)- 22/9/07 – réflexions d'après-fête (de l'Huma) « La question d’une nouvelle force est posée C’est dans ce climat de grande confusion qu’il convient de noter que le débat sur une nouvelle force politique à gauche est enfin sorti du cercle restreint où il demeurait jusqu’alors confiné. Ce fut même le trait majeur de cette fête de l’Humanité : la discussion est, à ce propos, désormais ouverte au Parti communiste.
Si la secrétaire nationale de ce dernier et certains de ses proches paraissent vouloir réduire leur ambition à la reformulation d’une visée communiste pour le XXI° siècle, d’autres, au-delà du courant « refondateur » ou des « communistes unitaires », n’hésitent plus à briser ce qui restait un tabou, à savoir le dépassement de leur parti. Patrice Cohen-Seat, quoique de manière prudente, évoque cette hypothèse dans son dernier ouvrage (Communisme, l’avenir d’une espérance). Olivier Dartigolles en parle ouvertement dans le cadre du portrait que lui a consacré le Monde du 14 septembre. D’autres le font également, d’une autre manière, telles certaines figures de l’ex-courant « huiste ». Ils rejoignent, dans cette recherche, ces socialistes qui se doivent bien désormais de dresser l’acte de décès de la vieille social-démocratie européenne, à la manière de Jean-Luc Mélenchon dans son livre En quête de gauche.
Durant la fête, deux rendez-vous auront permis de jeter les premiers jalons des confrontations que l’idée d’un nouveau parti met à l’ordre du jour. Le premier, le samedi 15, au stand de Pour la République sociale, a réuni les socialistes Mélenchon, Dolez ou Maurel, le Vert Desessard, et ces figures de la mouvance antilibérale que sont Autain, Coquerel et Debons. Le second, le lendemain, au stand des « communistes unitaires », a placé sur la même tribune Brigitte Dionnet, Marie-Pierre Vieu, Patrick Braouezec, François Delapierre et Claire Villiers. J’ai, comme je le disais dans la note précédente, participé à ces deux échanges...il est éminemment positif, pour l’avenir même des confrontations politiques et sociales dans ce pays, que se manifeste enfin l’aspiration à révolutionner la donne à gauche et à regrouper l’ensemble des forces, courants, collectifs et militants, de la gauche du Parti socialiste à l’extrême gauche, qui n’ont pas renoncé à contester le système libéral et capitaliste dominant ».
Clémentine Autain (Le Point.fr-14 septembre 2007) « Le PCF a -t-il un avenir ou faut-il comme le propose Jean-Claude Gayssot créer une nouvelle formation politique? » C.A.: « Je le dis de puis longtemps, il faut, en effet, constituer une nouvelle force politique. Les communistes sont au pied du mur et doivent trancher. Soit ils se referment sur eux-mêmes...soit ils se battent pour faire vivre la volonté de transformation sociale et ils mettent toutes leurs forces (et ils en ont!) au service de la création d'un nouveau mouvement politique ». « Qui d'autres participerait à la création de ce parti? » C.A.: « Il est important de mêler les traditions et les cultures. Des socialistes, des communistes, des écolos, des trotskistes, des alter-mondialistes ont vocation à s'y retrouver... » Maintenant à gauche (appel lançé notamment par Clémentine AUTAIN; Eric COQUEREL (président Mars Gauche Républicaine) ;Claude DEBONS (ex-coordinateur collectifs du 29 mai); Roger MARTELLI (PCF); Christian PICQUET (courant UNIR de la LCR) « l’objectif est de faire converger l’ensemble de la gauche de transformation sociale pour que, le plus vite possible, son projet renouvelé s’impose à gauche. Rien moins que l’objectif de conquête d’une majorité à gauche ! Pour y parvenir, pas d’échappatoire : il faudra bien que cette gauche, hors de toute ambiguïté sociale-libérale, devienne de façon durable force politique... L’essentiel est que, très vite, s’enclenche un processus de travail commun de forces et de sensibilités diverses. Son aboutissement pourrait être, à moyen terme, la tenue d’une réunion de type « États généraux », qui dira à la fois son ambition constituante — une gauche de changement et non d’adaptation — et la profondeur du mouvement enclenché. » « Maintenant à gauche » organise le 24 Novembre (2 semaines avant l'Assemblée extraordinaire du PCF), un « forum-débat » dont un des thèmes est: « Vers une nouvelle force politique pour une gauche de transformation sociale ? » Participation annoncée notamment de Marie-Noëlle Lienemann (membre de Gauche-Avenir-députée européenne PS), Jean-Luc Mélenchon (PRS), Marc Dolez (Force Militante – député PS), Martine Billard (députée Les Verts), Christian Picquet (LCR Unir) et sous l'étiquette PCF: Patrice Cohen-Seat, Olivier Dartigolles, Roger Martelli, Catherine Tricot et Marie-Pierre Vieu, ainsi que Clémentine Autain, Claude Debons, Yves Salesse, et un représentant de Die Linke. ANNEXE à propos de Die Linke (dont le cas, pourtant très spécifique à l'Allemagne, est souvent présenté comme un modèle par les partisans d'une dilution ou d'une dissolution du PCF): Dans l'Humanité du 15/6/2007, Bruno Odent donnait notamment les éléments d'informations suivants: « Pour s’imposer sur l’échiquier politique Die Linke doit-elle mettre l’accent sur la transformation sociale et le dépassement du capitalisme ou aurait-elle vocation au contraire à devenir une sorte de « meilleur parti social-démocrate » ? Oskar Lafontaine a jeté le trouble en déclarant récemment à un grand quotidien berlinois (1) que le nouveau parti serait sur la même ligne que le SPD d’avant 1998 (c’est-à-dire d’avant Gerhard Schröder). On avance dans l’entourage de la future direction du nouveau parti qui sera bicéphale (Lafontaine devrait en coprésider les destinées avec l’ex-président du Linkspartei.PDS, Lothar Bisky) une volonté de pointer que le SPD avait aussi fait siennes des valeurs de gauche, même s’il les piétine aujourd’hui. » Dans le même numéro de l'Humanité, Lothar Bisky répondait à la question « L’identité du nouveau parti est, de l’avis général, encore en devenir. Quelle devrait-elle être selon vous : sociale-démocrate de gauche, socialiste ou plus radicale ? » « Je crois, répondait-il, qu’elle s’orientera vers le socialisme démocratique, pris comme un système de valeurs, comme un objectif qu’il convient de se donner pour avancer vers une société plus juste et plus solidaire. Il y aura aussi des gens bien sûr parmi nous qui ne goûtent pas le terme socialiste et pour qui c’est l’État social qu’il importe de défendre et de développer. Nous pouvons avancer avec eux. Tout comme nous pouvons le faire avec des sociaux-démocrates de gauche qui n’ont pas renoncé aux valeurs traditionnelles de la social-démocratie, jetées aujourd’hui par-dessus bord par le SPD, ou encore avec des communistes, comme nous le faisons déjà dans un dialogue constructif au sein du Linkspartei.PDS. Les uns et les autres viennent avec leur identité mais je suis persuadé, pour ma part, que ce qui s’imposera c’est la référence au socialisme démocratique."
Nicolas MARCHAND

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