Enrichissez-vous !
Christine Lagarde, la ministre de l'économie, a lancé aujourd’hui, à une assemblée d'investisseurs réunis lors des rencontres financières de Paris Europlace, cet appel du cœur. Pour une rupture tu parle d’une rupture. Ca au moins c’est du neuf. Décidément Nicolas Sarkozy et ses ministres « béni oui oui » ne font pas dans la dentelle. « Travaillez plus et vous multiplierez l'emploi. Gagnez plus et vous augmenterez le pouvoir d'achat. Dépensez plus, et vous relancerez la croissance ! », a ajoutée la ministre. Pour du neuf c’est du neuf. C’est aussi moderne que le fameux « les profits d’aujourd’hui font les emplois de demain » du chancelier allemand Elmut Schmidt dans les années 1970.
Et pour inciter ces pauvres investisseurs Christine Lagarde a rappelé que les diverses mesures fiscales contenues dans le projet de loi du gouvernement, comme l'exonération des heures supplémentaires et le bouclier fiscal à 50 %, étaient destinées à encourager « le travail et le pouvoir d'achat ». Mais le travail de qui ? Et le pouvoir d’achat de qui ? Des salaries qui stress de plus en plus à cause des cadences infernales que leurs employeurs leurs font subir au nom de la compétitivité ? Et là, je ne parle pas que des ouvriers, mais également des cadres moyens et supérieurs comme toutes les enquêtes le démontrent. La productivité du travail en France est dans la très bonne moyenne européenne. Et pour que les choses soient bien claires, Mme Lagarde a rajouté : « Vous qui partez chercher au loin les clés du paradis fiscal, je vous dis : 'revenez, ce n'est plus le purgatoire ici ». Ainsi, selon elle, ces mesures doivent « accompagner et encourager un changement des mentalités ». Enfin, pour aider encore un peu plus ces malheureux actionnaires, la ministre a annoncé la création d'un haut comité de place pour accélérer la « simplification administrative et réglementaire » dans ce domaine. Ce comité, dont la première réunion se tiendra en septembre sous sa présidence, évoquera les contraintes (sans rire) en matière d'information financière, de gestion d'actifs et de mobilité des professionnels de la finance. Le haut comité ne devra pas avoir de tabou, comme la suppression de l'impôt de Bourse, a-t-elle précisé. La boucle est bouclée.


D'accord. Mais apparemment les communistes se contentent de contester. Ils n'ont ni théorie ni stratégie, ni pour le présent ni pour l'avenir.
Rédigé par: JOINVILLE | 06 juillet 2007 at 08:05