Euromed : ne pas jouer petit bras.
L’opération Euroméditerranée devrait être le volet du projet métropolitain d’ensemble, qui vise à hisser notre capitale régionale au rang de capitale euroméditerranéenne. Reconnaissons que l’on est encore loin du compte. Pourtant Marseille est idéalement située. Son histoire, sa richesse culturelle, son potentiel économique sont autant d’atouts très mal utilisés. Marseille se doit d’être un trait d’union entre l’Europe, l’Afrique et le proche orient ce qu’elle n’est pas encore. Pour atteindre cet objectif, nous avons plusieurs grands défis à relever.
Etendre la communauté urbaine, par exemple, comme le groupe communiste ne cesse de le dire depuis la création de MPM. Aujourd’hui, nous nous accordons tous à dire que l’aire urbaine métropolitaine pertinente s’étend d’Aubagne à Fos et au nord jusqu’à Aix. Un tel projet effraie, à juste titre d’ailleurs, les communes voisines, et une première étape consisterai à renforcer les échanges et les partenariats entre les différentes communautés de communes du département, en vue de dégager des perspectives et un avenir commun. Aussi, l’opération Euroméditerranée doit s’inscrire dans cette perspective. Il ne faut pas jouer petit bras. Pour égaler les autres métropoles européennes, Marseille doit pouvoir s’appuyer sur un projet structurant d’envergure, moderne, attractif, combinant des fonctions économiques, culturelles, urbaines, éducatives et de formation. L’opération ne sera une réussite que si elle n’agit pas comme un rouleau compresseur contre les activités déjà existantes sur le PAM et sur la ville. Je pense notamment à l’activité industrielle, comme St Louis Sucre. Oui, je suis favorable à la diversification des filières économiques, par exemple vers le secteur des télécommunications. Oui, Marseille manque cruellement de surfaces de bureaux pour le tertiaire et Euromed peut y répondre. Oui nous devons parier sur les croisières. Pour autant, doit-on affaiblir, voir sacrifier d’autres formes d’économies. Je rappelle que pour un emploi industriel créé, c’est 3 emplois supplémentaires dans les activités annexes. Et inversement, un emploi industriel supprimé c’est au total 4 emplois condamnés sur l’agglomération. Alors jouons nos atouts. L’essor de notre ville dépendra pour beaucoup de notre capacité à maintenir et consolider sur le port des activités de commerces et industrielles. L’activité sur les bassins Est ne saurait se réduire à l’accueil des croisiéristes. Nous devons composer avec les spécificités, les savoir faire et les potentiels locaux. La société ECTIM (sous traitante de réparation navale) vient d’être liquidée inutilement. Et il aura fallu toute l’a conviction et l’intelligence des salariés de la CMR (l’UNM aujourd’hui) pour imposer à leur patron BOLUDA un accord très positif qui sauvegarde, et crée les conditions du développement de l’activité de réparation navale sur le port de Marseille. (+ 3% sur les salaires ; embauche immédiate de 15 salariés pour atteindre les 140 fin 2007 ; plan de formation etc.). Aujourd’hui, il est prévu d’étendre Euromed vers le nord. Très bien ! Mais dans cette perspective, certains objectifs doivent être clarifiés. Premièrement, les bassins Est sont là, disponibles pour accueillir de l’activité économique basée sur le commerce, la réparation navale industrielle, le transport des marchandises et des passagers. Ils bénéficient d’une logique de diversification qui peut dynamiser l’ensemble des activités portuaires. La force de cet espace industrialo portuaire réside dans sa capacité à jouer la carte de la complémentarité ; la complémentarité géographique et la complémentarité des activités économiques. Deuxièmement, nous devons réussir la greffe entre le nouveau périmètre et les quartiers urbains du 3earts et du sud du 15earts voir du 16earts, en recherchant une harmonie d’ensemble. Vous ne pourrez envisager cette extension sans une requalification et un traitement urbain de qualité de ces quartiers qui en fassent des lieux de vies comportant de l’habitat, du commerce, des transports collectifs de qualité, des équipements publics sociaux, éducatifs et culturels. Enfin, pour atteindre ces objectifs, il faut mobiliser toutes les compétences et les acteurs économiques et institutionnels comme le PAM, la ville de Marseille, le conseil général, la région, l’état, la chambre de commerce sans oublier ce qui est essentiel pour réussir, les habitants et les salariés des entreprises concernées. Un grand dessein pour Marseille et les Marseillais, voila ce que je vous propose.


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