Démocratiser la vie politique.
Je considère que cette exigence de partage de tous les pouvoirs est vraiment au cœur des évolutions sociales contemporaines. Elle est la clef d’une modernité qui suppose que les individus soient pleinement maîtres de leur destin, puissent voir le bout de leurs actes, conjuguer leur autonomie complète et leur entière solidarité. J’observe en même temps que cette exigence de partage est à la racine des dysfonctionnements actuels de la société française. C’est bien faute de n’avoir pas pu répondre à ces attentes-là que la démocratie est en crise. J’ai l’impression que le « rejet » de la politique traduit avant tout le refus et parfois l’exaspération ou la désespérance face à des pratiques qui apparaissent ignorer la revendication lancinante d’une participation accrue des femmes et des hommes à toutes les décisions.
Faute de pouvoir s’investir positivement, cette aspiration se stérilise aujourd’hui en abstention ou en votes de contestation, de colère, et se transforme ainsi en une attitude négative. Elle constitue néanmoins une force potentiellement considérable qui appelle et rend possible une évolution des institutions françaises. La représentation institutionnelle est à présent de nouveau en évolution. Mais ce dont il s’agit, à mon sens, c’est plus de répondre à la mutation vers des exigences nouvelles aujourd’hui sans réponses que d’aménager, une énième fois les institutions. Pour cela, il faut s’engager sérieusement dans l’élaboration populaire de la 6e république. Notre histoire politique et institutionnelle est marquée à la fois par une exigence démocratique très forte, qui s’est exprimée dans la « Déclaration des droits de l’homme et du citoyen » et la loi de décentralisation de 1982, laquelle reconnaît enfin aux communes, aux départements et aux régions un droit de regard un peu élargi sur la gestion de leurs propres affaires. C’est ce travail législatif régissant Paris, Marseille et Lyon qui est à l’origine de la création des mairies d’arrondissement(s). Ces mairies d’arrondissement(s) - je pense particulièrement à la mairie des 15ème et 16ème arrondissements de Marseille - sont des lieux de conquêtes démocratiques essentielles. Elles ont favorisé l’émergence des habitants comme acteurs politiques et permis d’élargir, à une échelle locale, la capacité des citoyens à s’organiser démocratiquement. Ce qui est à l’ordre du jour, aujourd’hui, c’est d’aller vigoureusement plus loin, d’avancer plus activement vers une citoyenneté qui restitue aux habitants des droits et des pouvoirs trop concentrés dans les institutions. C’est ma conviction profonde. L’exercice de la citoyenneté suppose des droits effectifs sans lesquels les pouvoirs sont inexorablement confisqués, en tout cas concentrés entre leurs mains par ceux qui « savent », qui « ont le temps » et, au fond, qui « ont les moyens ». Quiconque s’engage dans la vie publique rend un service éminent à la collectivité à laquelle il consacre du temps, de l’intelligence, de l’énergie. D’ailleurs, il se met en situation d’être personnellement critiqué, parfois décrié. J’estime que ce don de soi doit se voir reconnaître les moyens de son développement. Il faut donc assurer aux femmes et aux hommes qui acceptent de prendre des responsabilités publiques les moyens de les exercer ; je pense au temps libéré avec compensation de la perte de rémunération qui en résulte, à l’indemnisation de la garde d’enfants, aux droits à la formation et à l’information dans les responsabilités assumées, au droit à la formation continue en vue d’un retour à une activité professionnelle valorisée, à la garantie d’un retour à l’emploi. Ces droits indispensables doivent être reconnus par des statuts adaptés, non seulement pour les élus locaux et nationaux, mais aussi pour les responsables associatifs, les responsables syndicaux et politiques. Il est temps de promouvoir ces droits nouveaux et de légiférer en ce sens. Il est temps d’accorder une place prépondérante aux habitants dans la gestion des affaires, notamment dans les collectivités. A tous les niveaux - je m’y emploie dans les quartiers nord de Marseille - l’élaboration du budget et des programmations pluriannuelles des collectivités doit faire l’objet d’une démarche participative, territorialisée et thématique. Elle doit porter autant sur les ressources que sur les dépenses. Je pense très sincèrement que la loi devrait faire obligation aux collectivités de mettre à la disposition des structures participatives les moyens d’accès aux éléments budgétaires, à leur compréhension, à leur popularisation. L’engagement volontaire des citoyens, sous des formes multiples et variées, est l’une des plus grandes richesses de la vie publique française. Il convient aujourd’hui de lui reconnaître un rôle éminent dans le fonctionnement des institutions. La décentralisation, dans le double sens d’une déconcentration et d’une démocratisation des lieux de décisions devient, jour après jour, une exigence incontournable. Il y a urgence - c’est du moins la position que je défends à Marseille et à Paris - à bien articuler l’affirmation de la responsabilité première de la collectivité décentralisée avec une responsabilité de l’Etat qui doit mettre en commun les moyens qui sont les siens, l’Etat qui doit être le garant de la cohésion et de la cohérences nationales. Enfin, j’ajouterai quelque chose qui me tient particulièrement à cœur : dans ce vaste mouvement de réappropriation de la vie publique, il convient de ne pas oublier l’aspect financier. Dans le cas de transferts de compétences, il y a lieu d’affirmer l’exigence absolue d’un transfert de moyens financiers d’importance aussi grande que celle des compétences proprement dites. A défaut, la décentralisation ne fait qu’accroître l’étranglement financier des différentes collectivités, et ne constituera qu’un leurre visant à ne transférer en réalité que la responsabilité des carences de la puissance publique à répondre aux besoins. J’entends mobiliser de nouvelles compétences, de nouvelles intelligences, toutes les bonnes volontés politiques et citoyennes au service d’une démocratie de la vie publique poussée en permanence jusqu’au bout des possibles.


C'est gonflé... Oserez-vous ?
Bon d'accord ma démarche n'est pas commune. Mais voilà : je suppose que vous êtes pour l'amélioration du pouvoir d'achat. Et bien c'est justement ce que je propose moi aussi ! Et j'ai lancé une campagne sur Les Influenceurs que vous pourrez découvrir à cette adresse :
http://influenceurs.net/news/marinamode
Oserez-vous la relayer sur votre blog ?
Claude Antelme (http://antelme.hautetfort.com/), François Desmaziere (http://www.desmaziere.com/blog/) et Jack-Yves Bohbot (http://bohbot.typepad.com/) l'ont déjà fait... Chiche ?
Cordialement
Marina
Rédigé par: marina | 05 février 2007 at 14:19
Monsieur le député, allez vous OUI ou NON arrêter de soutenir une candidature, je parle de celle de José Bové qui suinte de plus en plus fort le populisme et le fascisme, autant le dire tout net ..La ça devient gravissime!
Sur le site de campagne officiel on trouve entre autre un appel à se débarasser de la bande de racailles qui siègent à l'Assemblée Nationale...
ou encore cette phrase très subtile:
" Parce que tous les autres candidats officiels sont très vilains et qu’on a pas envie de voter pour eux, on va essayer de vous en dégoûter aussi ..."
A un tel niveau, je ne suis pas déçue, mais très très en colère, outragée dégoûtée..J'en ai nvie de vomir...
Voir des élu-e-s comme vous se fourvoyer la dedans mais c'est pas possible !
Reveillez vous avant qu'il ne soit trop tard !
Rédigé par: Camille Rodriguez | 06 février 2007 at 16:06
L'orientation vers une 6eme République faite de démocratie directe et participative, avec de vrais pouvoirs et des budgets, voilà une orientation que tu veux illustrer dans nos quartiers. C'est aussi un point fort de consensus entre tous les courants de la gauche antilibérale.
Il ne s'agit pas de "populisme", le mot fourre-tout qui nous entraîne dans toutes les confusions. Etre du côté du peuple des quartiers nord et de l'Estaque, du côté de sa prise en main de son pouvoir démocratique, c'est une voie d'avenir.
Quant aux considérations partisannes sur le soutien d'un candidat ou d'une candidate au élections présidentielles, elles ne devraient pas tomber dans les imprécations douteuses, Camille Rodriguez .
Tout le courant du Non de gauche au TCE va devoir ensuite travailler à devenir une force viable qui comptera.
Rédigé par: Bernard Mounier | 07 février 2007 at 01:10