BOVE se retire.
Mon blog a pour vocation de débattre avec tous ceux qui souhaitent contribuer à faire progresser la réflexion pour une transformation sociale. Ci-dessous la lettre de José BOVE. Frédéric DUTOIT.
"Montredon, le 23 novembre 2006. Chers ami(e)s, cher(e)s camarades, Il y a six mois, j’ai fait savoir que j’étais disponible pour incarner, sur le bulletin de vote de l’élection présidentielle, notre rassemblement unitaire de la gauche anti-libérale. J’ai immédiatement précisé que, pour créer les conditions d’une dynamique populaire et électorale autour d’une stratégie et d’un programme communs, il convenait de mener une campagne collective rassemblant, sur une même tribune, toutes les forces qui avaient contribué au succès du « non de gauche », le 29 mai 2005, de la Lcr aux socialistes anti-libéraux. Et j’ai ajouté aussitôt que ma démarche n’était pas personnelle mais que, pour garantir l’unité la plus large possible, il ne pouvait être question de se ranger derrière le porte-parole de telle ou telle composante de notre rassemblement.
Comme d’autres, en tant que syndicaliste et acteur du mouvement social anti-libéral, je pense pouvoir servir d’accélérateur à une dynamique de rassemblement qui a un objectif plus ambitieux que de faire un simple score de témoignage. *Six mois plus tard, force est de constater que les forces de la division l’ont provisoirement emporté sur les forces de l’unité.* Le Parti communiste veut imposer Marie-George Buffet comme candidate et ne lésine pas sur les moyens pour parvenir à ses fins. Il a multiplié la
création de collectifs qui ne représentent, localement, que la sensibilité communiste. Il mène campagne de manière autonome, en parallèle de quelques grands meetings unitaires. Il se livre à des pratiques d’un autre âge en refusant, par exemple, de valider le procès-verbal d’une réunion de notre collectif national au cours de laquelle l’écrasante majorité des participants a fait savoir que Marie-George Buffet ne pouvait pas incarner, sur le bulletin de vote, la
richesse de notre rassemblement. La Lcr, de son côté, vient de confirmer son engagement dans une campagne autonome avec Olivier Besancenot comme candidat. Elle multiplie les arguments pour justifier un prétendu désaccord de fond sur notre orientation commune. Elle pratique l’unité à la carte, un pied dedans, un pied dehors, sans rechercher les voies et les moyens d’une campagne réellement unitaire. Elle préfère se mesurer électoralement au Parti communiste plutôt que de répondre, de manière collective, à l’espérance née de notre succès commun victorieux dans le combat contre le projet libéral de Constitution européenne. *Le Parti communiste et la Lcr ont pris la responsabilité de casser la dynamique unitaire et, par voie de conséquence, de renoncer à répondre aux attentes des couches populaires les plus frappées par les dégâts de la mondialisation libérale. * Je le regrette profondément. Acteur du mouvement social et du combat altermondialiste depuis de longues années, je considère qu’il est temps
de traduire nos mobilisations dans l’espace politique et électoral. Notre responsabilité fondamentale reste en effet de ramener dans la camp de la gauche les millions d’électeurs et d’électrices qui, déboussolés par vingt-cinq ans d’alternance sans changement fondamental de leurs conditions d’existence, ont progressivement choisi de déserté les urnes ou de disperser leurs voix jusqu’à l’extrême droite. Le 21 avril 2002, la gauche a perdu parce qu’elle n’avait pas su répondre aux attentes des citoyens et citoyennes les plus touchés par la précarisation sociale généralisée. Toutes celles et ceux qui souffrent socialement n’attendent pourtant qu’une seule chose : une perspective crédible de changement qui ne se résume pas à quelques aménagements du système économique. Sans remise en cause radicale des logiques économiques libérales qui, des décisions de l’Omc jusque dans la vie quotidienne, conduisent à la marchandisation des services publics, au dumping social, à la croissance vertigineuse des inégalités, il n’y a d’autre issue que le renoncement à changer vraiment la vie. Entre la simple alternance et la véritable alternative anti-libérale, il existe un fossé qui nous sépare d’une gauche plus
encline à gérer le pouvoir qu’à engager la transformation sociale. *Pour donner sens à ce combat pour une alternative anti-libérale, il nous faut impérativement créer les conditions d’une dynamique populaire et électorale. C’est mal parti.* Les difficultés pour rassembler des courants, des sensibilités, des personnalités engagés dans notre combat commun sont compréhensibles. L’unité est un combat. Mais force est de constater que le processus
engagé débouche aujourd’hui sur une impasse. La multiplication des candidatures aboutit à brouiller plutôt qu’à clarifier notre perspective, prêtant le flanc à des critiques ironiques de la part de celles et de ceux qui ont parié depuis longtemps sur notre échec. En s’enfermant dans la méthode dite du « double consensus », le collectif national a pris le risque de donner une image plus groupusculaire que populaire de notre rassemblement. Il a beaucoup trop tardé à dire
ouvertement que la candidature de Marie-George Buffet était incompatible avec une logique unitaire. J’ai proposé, sans succès, que nous mobilisions toutes celles et tous ceux qui se reconnaissent dans notre démarche pour choisir le candidat ou la candidate la mieux à même de porter notre message dans le cadre d’une campagne collective. Il ne s’agissait nullement de désigner des vainqueurs ou des vaincus mais de faire participer activement les citoyens et les citoyennes à la dynamique unitaire. C’était, aussi, une manière de construire un rapport de forces populaire. La résistance à cette proposition – qui prend pourtant d’autant plus de sens après que le Parti socialiste a su désigner, à sa manière, sa propre candidate – témoigne d’une incompréhension des attentes citoyennes en matière de participation active aux choix politiques.
Cher(e)s ami(e)s, cher(e)s camarades, *Pour l’heure, et sous réserve d’événements qui changeraient profondément la situation actuelle, j’ai donc décidé de retirer ma proposition d’incarner notre rassemblement sur le bulletin de vote de l’élection présidentielle.* Je n’entends pas, en effet, continuer de servir d’alibi unitaire à d’autres desseins, partidaires ou personnels. Je n’entends pas non plus semer des illusions auprès des amis et des camarades qui viennent, toujours très nombreux, soutenir la démarche de rassemblement dans les meetings. Je n’entends pas m’engager pour autre chose qu’une démarche unitaire et populaire visant à modifier durablement, à l’occasion de l’élection présidentielle, la donne électorale à gauche. Je poursuivrai naturellement le combat avec vous toutes et tous, sur les bases stratégiques et programmatiques qui sont les nôtres. La création des collectifs unitaires est le signe d’une volonté de construire une espace politique nouveau, après la victoire des collectifs du « non »,
il y a dix-huit mois. Nous trouverons ensemble, j’en suis sûr, les voies les plus adéquates pour participer activement aux prochaines échéances électorales législatives, municipales et cantonales, à l’occasion desquelles nous espérons bien porter haut et fort le message de la gauche anti-libérale.
Fraternellement,
José"


L’idée d’un élargissement possible de la donne à GAUCHE et de l’intérêt du plus grand nombre se perdra t-il dans les nuages…alors que notre espoir s'est déployé dans les collectifs? Serons nous comdamnés, comme le prédisent certains politologues à ce qu’aucune surprise n’arrive demain et que le bipartisme à l’Américaine s’impose partout en Europe? Allons nous gaiement vers la simplification du politique dans le sacrifice des nuances? Est à cet avenir là que conduit notre manque de solidarité et de clairvoyance? Probablement, si nous ne faisons pas un pas vers l’autre et ce pas impose qu’on ne votre pas pour SON candidat mais pour celui ou celle qui établit le concensus. LA GAUCHE de DEMAIN ne peut être celle d’aujourd’hui, pas plus le parti communiste que les autres: nous devons inventer la GAUCHE de demain dès aujourd'hui et surtout être au plus près de ceux qui souffrent. Ne les sacrifions pas à la vanité de quelques succès qui masqueraient une plus grande défaite: l'échec de la riposte des "forces alliées anticapitalistes" de notre pays. “Les justeboutistes" du succès clanique laisseront-ils une marge créative à nos “ambitions” d'élargissement?… Je l’ignore.
Rédigé par: antigone_2004 | 24 novembre 2006 at 23:55
Je suis tout à fait d'accord avec vous.
Amicalement
Rédigé par: Frédéric DUTOIT | 25 novembre 2006 at 18:41
José est un candidat crédible et un véritable ami de la nature. Il détaille son programme original pour la sauvegarde de l'environnement sur le blog www.thedino.org
Bisous,
Rédigé par: Dino | 15 décembre 2006 at 23:40
a propos de la decision de josé d avoir les 500 signatures pour aller à la présidentielle alors que des collectifs et quoique en disent les personnalités,la candidature de marie georges buffet a été approuvée ou est le concensus là dedans par rapport aux autres.Hélas il compromet un peu plus l espoir de tous pour pouvoir faire front en cas de victoire du ps, d' imposer certains choix puisque déuni la gauche antilibérale n' aura plus aucun poids de décisions; arrêtons les mesquineries ,arrêtez de voir le résultat des collectifs pour mg buffet comme un obstacle insurmontable nous ne pouvons plus associer le pc comme étant l émanation de l urss de tsaline comme ses détracteurs le laissent toujours penser et ceux ci vont profiter de cette discorde politicienne pour ajouter de l' eau à leur moulin
Rédigé par: dijon | 31 janvier 2007 at 17:07
La démocratie ne fonctionne plus car près de 50 % des citoyens ne sont plus représentés à l’Assemblée Nationale, et ceci quelques soient leurs opinions…
Il est nécessaire de modifier la loi électorale de façon à ce que les petits partis puissent présenter leurs idées et lancer, ainsi, des débats au Parlement sur des problèmes de fonds qui concernent tous les Français et les françaises.
Notre démocratie est en panne.
Sur 25 pays de l’Union européenne, 23 acceptent une représentation au Parlement des groupes politiques extrêmes.
En Allemagne, la proportionnelle aux législatives permet aux groupes politiques qui ont plus de 5% d’électeurs d’être représentés au Parlement, et en Scandinavie l’État finance en priorité les petits partis de façon à avoir de nouvelles idées pour développer la société…
Nous sommes loin de tout cela.
Ne prendrions nous pas, d’ailleurs la voie d’un totalitarisme de type mafieux, au service d’une caste dirigeante sans scrupule (affaire des frégates de Taïwan, Clearstream).
Il y a de nombreuses solutions pour améliorer le réseau social de notre pays qui demandent à être développées.
Pour ma part, je suis favorable à la création de nouvelles formes de formation humaine des jeunes qui doivent vivre une partie de leur jeunesse en harmonie avec la nature, et voyager…
C’est l’objectif du projet Euroclippers que vous pouvez découvrir sur :
http://euroclippers.typepad.fr/mon_weblog/lections/index.html
Bonne lecture et bonne découverte.
Jean-Charles DUBOC
Rédigé par: Jean-Charles DUBOC | 08 février 2007 at 09:19