
Par Pogam Pascal, Les Echos du 13 septembre 2006: "En plein débat sur sa privatisation, le gazier tricolore a publié hier un résultat net de 1,7 milliard d'euros pour les six premiers mois de l'année, en hausse de 44 % sur la période correspondante de 2005. Il s'agit du meilleur résultat semestriel de son histoire. Le groupe revoit tous ses objectifs financiers à la hausse.
Tous les voyants sont au vert. Moins d'une semaine après Suez, Gaz de France (GDF) vient à son tour de publier les meilleurs résultats semestriels de son histoire. Au cours des six premiers mois de l'année, le gazier tricolore a dégagé un résultat net de 1,7 milliard d'euros, en progression de 44 % par rapport à la même période de 2005. C'est 300 millions de plus que ce qu'attendaient les analystes. Une performance d'autant plus remarquable qu'elle n'intègre aucune plus-value de cession et pratiquement pas d'effet de périmètre. En clair, Gaz de France doit avant tout ses profits record à ses « très fortes performances opérationnelles ». Un message martelé tout au long de la journée, hier, par le président du groupe, Jean-François Cirelli, pour qui cet excellent semestre témoigne de la « solidité » du modèle de développement de GDF. De fait, l'entreprise commence à tirer pleinement profit de son positionnement sur tous les maillons de la chaîne gazière. Aux revenus récurrents des activités liées aux infrastructures de transport et de distribution (qui représentent encore 47 % de l'excédent brut d'exploitation) viennent désormais s'ajouter ceux des « relais de croissance ». A commencer par l'exploration-production, qui occupe une place de plus en plus importante dans sa stratégie : d'une année sur l'autre, le résultat opérationnel s'est envolé de 139 % en ce domaine, porté en grande partie par la flambée des prix des hydrocarbures, mais également aidé par le démarrage de plusieurs projets en mer du Nord, qui ont sensiblement augmenté la production maison (+ 12 % sur le premier semestre). Satisfaction aussi, du côté des activités de négoce de gaz et d'électricité, dont l'excédent brut d'exploitation a progressé de 46 % sur les six premiers mois de l'année, et ce malgré le gel partiel des hausses de tarifs réclamées par le groupe. Une confiance inébranlable A cet égard, le discours se fait d'ailleurs beaucoup moins alarmiste que le printemps dernier : alors que l'entreprise évoquait alors un manque à gagner proche du milliard d'euros, elle estime désormais que la décision du gouvernement lui coûtera un peu plus de 500 millions cette année... Mais l'heure, il est vrai, n'est plus à l'affrontement avec l'Etat actionnaire. En plein débat sur sa privatisation, Gaz de France veut apparaître comme un groupe en pleine possession de ses moyens, débordant d'ambitions et de projets : non content de réviser à la hausse les objectifs fixés pour cette année (2,2 milliards d'euros de profit sont désormais attendus, au lieu des 2 milliards annoncés), le groupe se risque à promettre une croissance à deux chiffres de son excédent brut d'exploitation jusqu'en 2008. Le signe d'une confiance inébranlable et que, dans un secteur énergétique en pleine recomposition, le gazier français n'est pas « le dernier des nains », pour reprendre l'expression de son président. En cette période cruciale pour la fusion envisagée avec Suez, Gaz de France tenait visiblement à souligner qu'il avait « les moyens de son développement » et que, en dépit de leurs différences de taille, il avait « beaucoup » à apporter à son partenaire virtuel."
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