Notre ami Rosaire Amore nous informe de la publication par AFUL (www.aful.org), ADULLACT (www.adullact.org et adullact.net), CETRIL (www.cetril.org), Mozilla Europe (mozilla-europe.org), d'un communiqué de presse dans le cadre des travaux préparatoires au débat sénatorial. Voici le communiqué : En rejetant l'interopérabilité dans la loi sur le droit d'auteur et les droits voisins dans la société de l'information (DADVSI), la Commission des Affaires Culturelles du Sénat se prononce en faveur des monopoles contre la concurrence et l'économie de marché. Ce recul sur le travail historique de l'Assemblée Nationale, salué internationalement, institue implicitement une nouvelle propriété intellectuelle des mesures techniques de protection, exorbitante de toutes les règles usuelles en la matière. Le Sénat
Le 13 avril 2006, la commission des affaires culturelles du Sénat a rendu publics les amendements qu'elle propose d'apporter au projet de loi DADVSI tel qu'il résulte des travaux et du vote de l'Assemblée Nationale du 21 mars 2006, amendements dont l'objectif principal est de détruire toutes les avancées du texte concernant l'interopérabilité et la libre concurrence. Dans un précédent communiqué de presse, si nous nous étions inquiétés des nombreux défauts et dangers de ce texte, nous avions salué « le courage politique des députés de toutes tendances qui ont défendu et promu le logiciel libre, l'interopérabilité et la concurrence, fondements de l'innovation, de l'efficacité économique et de la liberté des consommateurs et des citoyens dans la société de l'information. » Rappelons que l'objectif majeur de cette loi est l'adaptation au monde de l'Internet de la législation sur la création culturelle, en cherchant notamment à lutter contre les excès de la diffusion illicite d'œuvres et en définissant un contexte juridique qui permette l'émergence de nouveaux modèles économiques dans l'intérêt des créateurs et du public. Le pilier du texte de l'Assemblée, qui lui donne toute son efficacité et ce qu'il a d'équilibre, est son article 7. Sans remettre en cause la propriété intellectuelle telle qu'elle est actuellement définie et pratiquée, cet article historique prévient toute nouvelle extension susceptible d'assujettir le marché à un cartel d'éditeurs de logiciels et de distributeurs de l'audiovisuel, en posant l'interopérabilité comme contrepartie essentielle du système contraignant des mesures techniques de protection (MTP) que les éditeurs peuvent imposer aux public lors de l'acquisition des œuvres. Or ces MTP sont intrinsèquement contournables techniquement - c'est pour cette raison que certains veulent une loi pour interdire ou réguler le contournement. Ces MTP sont donc peu efficaces contre la diffusion sauvage, dans la mesure où chaque œuvre n'a besoin d'être « déplombée » qu'une fois pour entrer dans les réseaux parallèles de diffusion. En limitant sévèrement les usages, même licites, des acquisitions licites, les MTP risquent donc paradoxalement d'encourager le recours aux copies illicites et débarrassées, elles, de toute contrainte technique. L'intérêt des MTP est donc négatif pour le public et faible pour les artistes, mais en revanche énorme pour le cartel du logiciel et de l'audiovisuel en lui permettant de contrôler contre toute concurrence nouvelle les circuits de distribution des œuvres et indirectement, par effet de levier, les plates formes et infrastructures matérielles et surtout logicielles utilisées. Il faut savoir que ce qui varie n'est pas la dépense totale du public mais sa répartition, et que l'on dépense actuellement plus pour les systèmes de lecture que pour l'acquisition des œuvres. Mais pour que son plan fonctionne, il faut que le cartel obtienne que les MTP soient protégées comme une nouvelle forme de propriété intellectuelle, sur les systèmes susceptibles de jouer les œuvres, qui fasse le plus possible obstacle à toute interopérabilité avec des systèmes concurrents, et donc aussi à toute innovation dans l'accès aux œuvres. En instituant l'interopérabilité, et en garantissant la concurrence par son ouverture explicite au logiciel libre, l'article 7 voté par l'Assemblée a déjoué ce plan, destructeur pour l'ensemble de l'économie numérique, avec un texte moins contraignant et plus favorable aux artistes, aux producteurs et au public, ainsi qu'à la concurrence et à la liberté de création et d'innovation technique et artistique. Cette avancée a d'ailleurs été accueillie outre-Atlantique tant positivement par les milieux soucieux de culture, que négativement par ceux qui souhaitent contrôler notre économie. En Europe, John Kennedy, président de l'International Fédération of the Phonographic Industry (IFPI) déclare « L'industrie phonographique soutient totalement l'interopérabilité parce qu'il est important pour les consommateurs de pouvoir passer leurs chansons d'un appareil d'écoute à un autre ». L'intervention de Monsieur Guttierez, ministre états-unien du commerce, témoigne de la justesse de notre analyse, quand il fait allusion au besoin d'une société comme Apple de défendre sa propriété intellectuelle contre la loi DADVSI la loi DADVSI la société Thomson





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