L’avenir avec Euroméditerranéen ??
La nouvelle convention qui lie l’Etablissement Public d’Aménagement Euro-méditerranéen, les différentes collectivités et l’Etat représente un aspect essentiel pour la poursuite des opérations. Cet accord, que je salue, montre la volonté commune d’avancer sur l‘aménagement de la capitale régionale qu'est Marseille. D'autant que sur la période 2000-2006, seuls 55% des Crédits de paiements aient été mobilisés, ce qui a pour conséquence un retard important pour un certain nombre d’opérations. Pour la période 2006-2012, les contributions publiques prévues, vont passer de 399 millions d’euros à 532 ME dont 82 pour la cité de la Méditerranée. Espérons que les crédits de l’Etat ne feront pas défaut une fois de plus.
Par ailleurs, ces contributions publiques vont permettre l’émergence de projets tels que la ZAC de la méditerranée, Euromed Center, les terrasses du port, le parking Arvieux, le début des enfouissements des études pour la passerelle. Euromed ne doit être un simple outil de spéculation foncière au profit des promoteurs immobiliers et des investisseurs internationaux. La visite Mr Muselier, au MIPIM à Cannes, qui a rassemblé les acteurs du marché international des professionnels n'est pas de nature à démentir cette inquiétude, et privilégie l'option qu'une ville est à vendre. De plus, comme le confirme le document budgétaire de l’établissement : « Sans grand projet culturel ambitieux, ni formation de haut niveau dispensée sur le périmètre d’Euro-méditerranéen, le rôle structurant de l’OIN sur le développement de la métropole risque d’être limité, et la recherche des emplois décisionnels au sein du quartier d’affaires plus aléatoire ». Ce chantier Euromed pose donc les questions essentielles pour le développement et l’avenir de la ville. Quelle place pour les quartiers. Quelle est la place du port et de l’industrie portuaire ? Quelle est la place du secteur tertiaire ? Quelle offre de logement public et quelle mixité ? Quel équipement public et quel service public de proximité ? Donc quelle ville pour quels marseillais et marseillaises ? On reconstruit des zones de logement, d’activités tertiaires, sans aucun mélange d’habitat mixte, de service public. D’ailleurs, je citerai Thierry Durousseau, architecte qui notait que sur « Euromed, le mélange urbain qui est l’essence d’une ville tarde à venir ». Marseille est une ville qui s’est construite sur le brassage des populations, l’addition des cultures, la mixité sociale, de tissages de liens nouveaux entre les habitants qui constituent le ferment indispensable à l’ouverture, au raisonnement, à la gestion humaine des problèmes, à la mise en place des solidarités. Autant d’éléments que votre politique, Monsieur Muselier, tente de remettre en cause. Le document Analyse des Besoins sociaux du CCAS confirme votre volonté de concentration des marseillaises et marseillais les plus touchés par les difficultés économiques et sociales sont dans nos quartiers. Il faut opérer de grandes transformations, certes, mais en inscrivant les habitants au cœur d’un dispositif afin qu’ils ne demeurent plus dans leur ville, dans leur logement à défaut de pourvoir aller ailleurs. Pour ce faire, il faut donc inventer une nouvelle dialectique du travail de la ville qui s’appuie non seulement sur les exigences urbaines mais également sur la demande sociale. Ces questions doivent faire l’objet d’un large débat public avec les marseillais et les marseillaises afin qu’ils soient acteurs et auteurs de la transformation de leur quartier, de leur ville.

Commentaires