Il faut dire que la soirée d’hier a apporté son lot de surprises. Tout le monde savait que l’abstention serait le premier parti de France et d’Europe.
La surprise n’est pas là. Elle vient plutôt de l’excellent résultat de l’ « UMP » et de « Europe Ecologie ». Comme d’ailleurs dans toute l’Europe, les conservateurs de tous poils, les libéraux déclarés, la droite officielle ont largement remporté ces élections. A croire que la crise profite à tous ceux qui défendent bec et ongle le capitalisme, à tous ceux qui prônent une politique ultra libérale. Et devant l’angoisse du lendemain, l’extrême droite retrouve une jeunesse partout sur notre continent. Elle progresse nettement au parlement Européen.
Mais la surprise vient surtout du vote Ecolo. Certes, le film d’Artus Bertrand "Home" diffusé à la télévision vendredi dernier a pu jouer dans le vote des Français. Mais bien plus que cela, je crois qu’il est une caractéristique essentielle de ce scrutin qui mérite d’être méditée.
Toutes les listes qui ont exprimé, à droite comme à gauche, une volonté, et réalisé le rassemblement ont largement gagné dans ce scrutin. La stratégie d’ouverture et de rassemblement de Sarkozy, l’union de l’UMP et du Nouveau centre, l’appel du pied du président de la république aux « bonnes volontés » à gauche a donné l’image d’une force dynamique.
Il en va de même pour Europe Ecologie. En réunissant sur la même tribune le libéral écolo Daniel Cohn Bendit, la juge dite anti-magouilles Eva Joly, le paysan écolo radical José Bové, cette liste s’est présentée comme le rassemblement de tous ceux qui voulaient sauver la planète.
Mais regardons de plus près à gauche. Le Parti Socialiste est apparu plus que jamais divisé et surtout n’agissant que pour lui-même. Il n’a à aucun moment voulu travailler au rassemblement de tous les hommes et femmes de gauche. Il a reçu une correction de la part de son électorat traditionnel.
Comme le MODEM de François Bayrou, le NPA de Besancenot a subit un revers dû essentiellement à sa posture isolationniste. Son refus de s’engager avec les prémisses d’un rassemblement antilibéral (ou gauche radical si vous préférez) qu’amorce le Front de Gauche dans cette élection lui a coûté sa position de leader à gauche du PS.
La troisième surprise de ce scrutin est la place obtenue par le Front de Gauche derrière Jean-Luc Mélanchon. Ce qui en a fait son succès est indéniablement la dynamique de rassemblement qu’il a porté dans cette campagne (Voir quelques notes plus bas sur ce blog). Il obtient 4 élus: Jean-Luc Mélenchon (PG) dans la circonscription du Sud-Ouest (8,15%), Jacky Hénin (PCF) dans la circonscription du Nord-Ouest (6,84%), Marie-Christine Vergiat (PG) dans la circonscription du Sud-Est (5,90%), Patrick Le Hyaric (PCF) dans la circonscription d’Ile de France (6,32%), plus une élue Elie Hoareau (divers gauche) dans la circonscription des DOM. Et je suis bien heureux de reconnaître l’erreur du pronostic que j’avais formulé en début d’année pensant que le PCF risquait de ne plus avoir de députés européens (Voir quelques notes plus bas sur ce blog). Il en a deux aujourd’hui.
Alors, il faut peut être aller plus loin ?
Marie George Buffet semble franchir le pas. Elle déclarait dimanche soir : "Si on veut avoir d'autres résultats, c'est toujours ensemble qu'on y arrivera". C'est désormais l'enjeu pour la gauche antilibérale : parvenir à maintenir l'attelage, et même l'élargir "à quatre, cinq ou beaucoup plus". Nous verrons si cette ligne politique deviendra enfin celle du Parti Communiste Français. Il porte en tous cas une immense responsabilité pour que l’élan de ce rassemblement grandisse.
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